Découverte du Bubble Hash : équipements et rendement
Introduction
Le Bubble Hash, parfois appelé « Ice-O-Lator » ou « water hash », suscite un intérêt grandissant auprès des amateurs de CBD en Suisse. Contrairement à des méthodes d’extraction qui utilisent des solvants chimiques (butane, CO₂ supercritique, etc.), le Bubble Hash repose sur l’action de l’eau glacée et de filtres à mailles fines pour séparer les trichomes (glandes résineuses) du reste de la plante. Il en résulte un produit d’une grande pureté, apprécié pour sa teneur élevée en cannabinoïdes et terpènes.
En Suisse, la production et la commercialisation de produits dérivés du chanvre doivent se conformer à la législation en vigueur, notamment la Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup, RS 812.121) et ses ordonnances d’application. Le chanvre (Cannabis sativa L.) est légalement autorisé s’il contient moins de 1 % de THC (selon l’article 2(1) de l’Ordonnance sur le chanvre du 1er janvier 2021). Ainsi, le Bubble Hash CBD produit à partir de plantes de chanvre respectant ce seuil de THC bénéficie d’une autorisation légale, sous réserve de respecter les autres exigences légales (traçabilité, conformité, absence de contaminations, etc.).
Dans cet article, vous découvrirez en détail les équipements nécessaires à la fabrication du Bubble Hash, les différentes étapes de production, ainsi que des informations objectives sur son rendement. Nous nous appuierons, pour chaque information factuelle, sur des sources officielles suisses ou européennes, telles que la législation helvétique et les publications scientifiques ou institutionnelles traitant du sujet. Nous verrons également en quoi la production de Bubble Hash peut constituer un défi technique, bien que relativement accessible aux producteurs qui cherchent une méthode d’extraction naturelle, sans additifs chimiques.
Qu’est-ce que le Bubble Hash ?
Le Bubble Hash est un concentré de cannabis obtenu par une extraction à l’eau glacée. Cette méthode repose sur la solubilité quasi nulle des glandes résineuses (trichomes) dans l’eau. La basse température de l’eau provoque un détachement plus aisé des trichomes de la matière végétale. Les glandes résineuses sont ensuite récupérées grâce à des sacs filtrants à mailles de différentes tailles, communément appelés « bubble bags ». Chaque maille retient une gamme particulière de tailles de trichomes, ce qui permet de séparer les différentes qualités de résine.
Selon un rapport de l’European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA) consacré aux techniques d’extraction de la résine de cannabis (rapport technique sur la résine de cannabis, 2020), le Bubble Hash peut permettre de préserver un large spectre de cannabinoïdes et de terpènes. Cette préservation est particulièrement recherchée dans le cadre du CBD, où la concentration en THC doit demeurer très faible (moins de 1 % en Suisse) afin de respecter la réglementation, tout en maximisant la teneur en cannabidiol et autres composés bénéfiques.
Les équipements indispensables
Pour produire du Bubble Hash, il convient de disposer d’un minimum d’équipements. Voici les principaux éléments nécessaires :
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Bubble bags
Les bubble bags sont des sacs filtrants fabriqués dans du nylon ou des matières similaires, comportant des mailles de différentes microns (par exemple 220, 160, 120, 90, 73, 45, 25 microns). Chaque sac va retenir certaines tailles de trichomes et une certaine quantité de matière végétale. Plus le micron est petit, plus la qualité de la résine à l’intérieur du sac est potentiellement élevée, car on y conserve essentiellement des têtes de trichomes et un minimum d’impuretés. -
Seau ou cuve de mélange
Un conteneur suffisamment grand est indispensable pour contenir la glace, l’eau et la matière végétale hachée. Selon la quantité de plantes à transformer, vous pouvez opter pour un seau (avec un volume typique de 20 à 25 litres) ou une cuve plus large. -
Glace et eau très froide
La température basse est l’un des facteurs clés de la réussite de la technique. Une eau comprise entre 0 et 4 °C facilite le détachement des glandes résineuses tout en limitant l’extraction de matières non désirées (feuilles, chlorophylle). L’usage de grandes quantités de glace pilée (ou de glaçons) permet de maintenir cette température stable durant tout le processus. -
Thermomètre de cuisine
Contrôler la température de l’eau est essentiel pour optimiser la séparation des trichomes. Un simple thermomètre de cuisine fait généralement l’affaire. -
Mélangeur manuel ou électrique
Pour agiter la matière végétale dans l’eau glacée, un mélangeur (type fouet à main ou batteur électrique à basse vitesse) contribue à décoller les trichomes sans trop émietter la matière végétale. -
Passoire ou tamis
Avant de filtrer la solution dans les différents sacs à mailles, une passoire peut être utilisée pour retirer le plus gros des résidus végétaux et autres débris. -
Spatule ou cuillère
Pour récupérer la résine une fois qu’elle est filtrée, il est préférable d’utiliser une spatule ou une cuillère en plastique ou en acier inoxydable. -
Surface de séchage (tamis ou papier) Après extraction, la résine doit être égouttée et séchée. Certains producteurs emploient des tamis fins pour accélérer le processus de séchage. D’autres préfèrent étaler la résine sur du papier non collant et la retourner régulièrement.
Les étapes de la fabrication
La production de Bubble Hash consiste en une série d’étapes précises. Voici un résumé du procédé en sept points :
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Préparation de la matière première
Sélectionnez des fleurs de chanvre riche en CBD (et respectant le seuil légal de THC < 1 %). Il est préférable d’utiliser des fleurs légèrement séchées, non broyées trop finement. Couper en petits morceaux permet tout de même d’optimiser la surface de contact avec l’eau glacée. -
Refroidissement initial
Placez la matière végétale au congélateur pendant environ 30 minutes à 1 heure, afin d’abaisser la température des têtes. Cette étape est optionnelle mais peut faciliter le détachement initial des trichomes. -
Mise en place des sacs filtrants
Dans l’ordre, insérez vos sacs dans le seau : commencez par le sac à maille la plus fine tout au fond, et terminez par le sac à maille la plus large en haut. Ainsi, la solution passera par le plus gros filtre en dernier, ce qui facilite la collecte des différents grades de résine. -
Mélange et agitation
Remplissez le seau d’eau glacée et de glace pilée, puis ajoutez la matière végétale refroidie. Agitez doucement pendant 10 à 15 minutes, en veillant à maintenir la température entre 0 et 4 °C. Évitez l’agitation trop brusque pour ne pas trop broyer les végétaux. -
Filtration
Retirez et égouttez progressivement chaque sac, du plus grossier au plus fin. Chaque sac contiendra une résine plus ou moins pure. Il est recommandé de rincer doucement la résine avec de l’eau froide (toujours aux alentours de 0 °C) pour éliminer tout résidu végétal. -
Collecte de la résine
À l’aide d’une spatule, récupérez la résine sur la surface interne du sac. Placez-la sur un tamis ou du papier sulfurisé afin de l’égoutter. -
Séchage et finition
La résine ainsi obtenue doit sécher plusieurs jours dans un endroit frais et bien ventilé, afin de prévenir tout risque de moisissure. Certains producteurs émiettent légèrement la résine sur un tamis pour accélérer le séchage. À l’issue, vous obtenez un Bubble Hash souvent réparti en plusieurs grades de pureté, selon les mailles des sacs.
Rendement : que dit la littérature ?
L’une des interrogations récurrentes concerne le taux de retour (rendement) lors de la production de Bubble Hash. Selon un document technique de l’EMCDDA (2020) sur la production de résine de cannabis, la méthode à l’eau glacée permet en général un rendement oscillant entre 10 % et 20 % de la masse végétale sèche initiale. Par exemple, si vous traitez 100 g de fleurs de chanvre, vous pourriez espérer récupérer entre 10 et 20 g de résine, en fonction de la qualité de la matière première, de la proportion de trichomes et de l’efficacité de l’agitation/filtration.
Il est toutefois important de souligner que dans le cadre du CBD, la concentration en THC étant très faible, la répartition et la densité des glandes résineuses peuvent varier si la variété est sélectionnée plus spécifiquement pour le cannabidiol. Certaines variétés de chanvre industriel, autorisées en Suisse, produisent naturellement moins de résine, voire des têtes moins denses que des variétés à forte teneur en THC. Par conséquent, les rendements en Bubble Hash peuvent parfois être inférieurs à ceux qu’on obtiendrait avec des variétés classiques à forte teneur en THC (source : Office fédéral de la santé publique, section Chanvre et produits dérivés, 2021).
En outre, la façon dont la matière première a été cultivée, séchée, conservée et manipulée influe directement sur la proportion de trichomes présents. Des techniques de culture en intérieur peuvent donner lieu à des taux de résine plus élevés, au prix de conditions de croissance contrôlées (éclairage, température, taux d’humidité). Au contraire, une culture en extérieur, exposée aux aléas climatiques, peut engendrer une résine de qualité variable.
Facteurs influençant la qualité et le goût
En plus du niveau de cannabinoïdes, l’arôme et la saveur du Bubble Hash sont grandement influencés par sa teneur en terpènes. Les terpènes sont ces molécules volatiles responsables des senteurs et saveurs caractéristiques du cannabis (myrcène, limonène, pinène, etc.). Le Bubble Hash bien réalisé peut conserver une partie significative de ces terpènes, puisqu’il n’y a pas d’étape de chauffe importante ou de solvants chimiques susceptibles de altérer le profil aromatique.
La qualité de l’eau utilisée, la température de l’extraction et la rapidité du process de séchage jouent également un rôle. Une eau de bonne qualité (faible teneur en minéraux ou pollution) contribue à réduire les risques de contamination. C’est un aspect souvent souligné dans les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui rappelle l’importance d’une hygiène rigoureuse pour tout procédé de manipulation de produits du chanvre destinés à la consommation.
Entretien et réutilisation du matériel
Les sacs filtrants (bubble bags) sont réutilisables, à condition de les nettoyer soigneusement après chaque session. Les résidus de résine peuvent s’accumuler dans la maille, compromettant la pureté des extractions ultérieures et risquant d’influencer le rendement. Un nettoyage à l’eau chaude, éventuellement additionnée d’un détergent doux, suivi d’un séchage complet, est recommandé par la plupart des fabricants de sacs filtrants.
Veillez également à inspecter régulièrement l’état de la maille. Des mailles endommagées (déchirures, irrégularités) peuvent nuire à la séparation des particules et entraîner un mélange des différents grades de résine. Dans un souci de qualité et de ventilation, conservez vos bubble bags dans un endroit sec et exempt de poussière, afin de ne pas contaminer les mailles avant leur prochaine utilisation.
Contrôle de la légalité en Suisse
En Suisse, le chanvre et ses dérivés (y compris le Bubble Hash CBD) sont autorisés à la commercialisation sous réserve de respecter la limite maximale de THC à 1 %. Il est donc fondamental, pour tout producteur ou revendeur, de faire procéder à des analyses de laboratoire permettant d’évaluer la teneur en cannabinoïdes. Ces analyses peuvent être réalisées dans des laboratoires agréés, qui vérifieront la conformité du produit et remettront une attestation en cas de vente ou d’exportation.
Si la concentration en THC excède la limite légale, le produit peut être considéré comme un stupéfiant au sens de la LStup, et donc soumis à des restrictions strictes. Selon l’Office fédéral de la santé publique, le respect de la limite de 1 % de THC, associé à une traçabilité complète (d’où proviennent les plantes, comment ont-elles été cultivées, sont-elles exemptes de pesticide, etc.), forme la base du cadre légal suisse pour le CBD. Il est également important de préciser les différents taux de cannabinoïdes sur l’étiquette, ainsi que les informations relatives à l’origine du produit, afin d’informer correctement les consommateurs.
Avantages et inconvénients du Bubble Hash
Avantages
- Absence de solvants chimiques : la méthode à l’eau glacée n’exige pas l’utilisation de solvants potentiellement dangereux, comme le butane ou l’éthanol. On considère donc que le Bubble Hash est plus « naturel » et qu’il préserve mieux les terpènes.
- Pureté relative : lorsque la technique est bien maîtrisée, le produit final contient très peu de matière végétale, préservant ainsi les cannabinoïdes et terpènes les plus précieux.
- Conformité avec les normes suisses : tant que le chanvre utilisé respecte le seuil de THC < 1 %, la production du Bubble Hash se situe dans un cadre légal, ce qui rassure les consommateurs et les producteurs.
Inconvénients
- Rendement variable : comme nous l’avons vu, le taux de récupération dépend de nombreux facteurs (souche, conditions de culture, protocole d’extraction). Le résultat peut donc parfois être décevant si la matière première n’est pas adéquate.
- Processus relativement long : de la préparation à la filtration en passant par un séchage soigneux, le procédé requiert temps et patience. On ne peut pas improviser un Bubble Hash en quelques minutes.
- Coût du matériel : l’achat de sacs filtrants de qualité (plusieurs microns différents), de grands seaux, et d’un mélangeur approprié peut représenter un investissement initial élevé.
Conseils de conservation
Le Bubble Hash est un concentré qui, s’il est correctement séché et conservé, peut se garder plusieurs mois sans perdre significativement en arômes ni en cannabinoïdes. Afin de préserver au mieux la qualité de votre produit :
- Utilisez des récipients hermétiques : un bocal en verre opaque ou un contenant métallique protège votre Bubble Hash de l’air, de la lumière et de l’humidité.
- Stockez-le à l’abri de la chaleur : les terpènes sont sensibles aux températures élevées, ce qui peut altérer leur profil aromatique. Un endroit frais (autour de 15 à 20 °C) et sombre est idéal.
- Évitez les variations de température : les changements brusques de température peuvent provoquer de la condensation, ce qui peut favoriser la prolifération de moisissures ou de micro-organismes.
- Manipulez-le avec précaution : le manipuler trop souvent ou trop vigoureusement peut entraîner une perte de trichomes (les glandes résineuses deviennent cassantes) et donc d’efficacité.
Tendances actuelles et perspectives futures
Alors que la demande en produits CBD ne cesse de croître en Suisse, le Bubble Hash s’impose comme une alternative prisée par les consommateurs à la recherche d’un produit concentré en cannabinoïdes, tout en demeurant en deçà de la limite légale de 1 % de THC. D’après certains fabricants de équipements d’extraction, l’innovation se concentre notamment sur la motorisation et l’automatisation de la phase de brassage, afin de réduire la main-d’œuvre et d’améliorer la constance des rendements. Des systèmes de type « Bubble Machine » commencent à apparaître, intégrant des programmes spécifiques pour maîtriser la vitesse et la durée de l’agitation.
Par ailleurs, la recherche autour des variétés de chanvre à forte teneur en CBD mais sous la barre des 1 % de THC s’intensifie. Les sélectionneurs s’efforcent de stabiliser des lignées de plantes qui produisent des têtes riches en trichomes, même si le THC reste faible. Cette tendance pourrait, à terme, améliorer les rendements en matière de Bubble Hash, assurant une meilleure rétention de CBD et de terpènes. Toutefois, les délais inhérents à la sélection variétale et les procédures d’homologation en Suisse (certification de semences) signifient que ces avancées se mettront en place de manière progressive.
Conclusion
Le Bubble Hash offre une approche naturelle d’extraction de la résine de chanvre, en n’employant que de l’eau et de la glace. Cette méthode, appréciée pour sa pureté et son arôme, met en valeur les trichomes et donc la richesse en cannabinoïdes et terpènes. En Suisse, le contexte légal autour du CBD permet à ce concentré de se développer, à condition de respecter scrupuleusement le seuil < 1 % de THC et de suivre les normes d’hygiène en vigueur.
Pour réussir un bon Bubble Hash, la qualité de la matière première, la température d’extraction et l’agitation appropriée sont trois facteurs majeurs. Le matériel de filtration doit être méticuleusement sélectionné et entretenu, tandis qu’un séchage réalisé dans de bonnes conditions garantit la préservation à long terme du produit. Enfin, le rendement compris entre 10 % et 20 % mentionné par l’EMCDDA ne doit être considéré que comme une estimation : chaque souche de chanvre, chaque climatisation, chaque étape de production peut influer sur les résultats.
En raison de son coût d’équipement initial, de la technicité et du temps requis, le Bubble Hash demeure un produit à la fois recherché et exigeant. Il est idéal pour les amateurs passionnés de concentrés, soucieux de bénéficier de l’intégrité aromatique du chanvre et d’une forte teneur en CBD. Au vu de l’intérêt grandissant pour les méthodes plus « propres » et légales, il est probable que le Bubble Hash continue de gagner en popularité sur le marché suisse, soutenu par des innovations permettant d’en augmenter la qualité et la constance.